Le Service de Contrôle de la Paie des Enseignants gère, notamment, les fichiers des effectifs des enseignants payés, non payés et les nouvelles unités en RDC.

A cet effet, le SECOPE joue un rôle très important dans la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement de base en RDC.

Cependant, au cours de la deuxième audience de ce mardi 09 mars, consacrée au procès des détournements des fonds destinés à la gratuité de l’enseignement de base dans lequel sont poursuivis deux hauts fonctionnaires du secteur de l’enseignement primaire et secondaire, des révélations accablantes ont été faites sur l’implication du SECOPE dans ce que l’on peut qualifier de sabotage de la vision du Chef de l’État sur la gratuité.

Les inspecteurs des finances ayant audités ce service du Ministère de l’enseignement primaire et secondaire relèvent plusieurs éléments inquiétants qui attestent du blocage de ce service à la réussite de la gratuité :

  1. L’extension à l’ensemble du personnel du SECOPE et autres structures du Ministère de l’EPST du régime de Statut particulier des enseignants, alors que ceux-ci ne devraient pas jouir de ce régime pour rationaliser les dépenses dans ce secteur et focaliser les actions du Gouvernement aux seules personnes concernées, les enseignants.
  2. Absence de fiabilité des fichiers électroniques produits par le SECOPE dans la mesure où ces fichiers contiennent beaucoup d’incohérences notamment, l’existence de dizaines de milliers d’agents engagés durant les grandes vacances, les jours fériés et les dimanches, des personnes engagées étant mineurs, des personnes âgées recrutées entre 50 et 80 ans, de nouvelles unités, alors qu’ils sont matriculés depuis longtemps, des agents payés pour des établissements scolaires fictifs, des doublons, des fraudeurs, des enseignants payés dans plus d’un établissement scolaire et même dans des provinces différentes. Ces pratiques ont un impact financier de plus de 15 103 479 691 Fc mensuellement sur le Trésor Public.
  3. Évolution pléthorique des effectifs notamment, dans plusieurs bureaux gestionnaires, en lieu et place des enseignants
  4. Une gestion calamiteuse des frais de fonctionnement étant donné que le comptable public principal code 0405, sensé gérer les mouvements des fonds a été mis à l’écart au profit d’un agent qui n’a pas qualité ni titre mais ayant retiré d’importante somme d’argent en violation de la Loi des finances, pour des paiements fictifs des factures dont les bénéficiaires n’ont pas été retracés ou peu fiables.

Les frais de fonctionnement du SECOPE sont gérés en violation systématique de la législation financière avait conclu les inspecteurs des finances consignés dans un PV contradictoire qui a été cosigné avec le Directeur national, Chef de service du SECOPE, en détention et poursuivi par le Ministère Public pour détournement.

Ces révélations ont semé un désarroi dans l’opinion publique et surtout parmi les syndicats des enseignants qui regrettent que plusieurs milliers d’enseignants sont impayés pendant qu’ils prestent régulièrement, alors que certaines personnes bénéficient des rémunérations ainsi que les primes sans prester.

Les écoles en règles sont sacrifiées, elles peinent pour recevoir les frais de fonctionnement au profit des écoles fictives qui reçoivent régulièrement les frais de fonctionnement et les paiements des enseignants fictifs.

Par ailleurs, c’est avec raison que les évêques de la CENCO avait, dans un rapport publié au mois de janvier dernier, appelé à la restructuration profonde du SECOPE.

D’aucuns pensent que les pratiques énumérées ci-haut, ont été institutionnalisées dans les régimes précédents qui usaient des services publics pour des positionnements des militants et membres des familles, aussi, comme sources de financement des régimes.

L’IGF est encouragée à intensifier ses missions de contrôle dans d’autres services et établissements publics soupçonnés de servir certains politiciens en lieu et place du peuple, notamment, la CNSS, la SONAS, l’INPP, FSR, FONER, etc.

La rédaction

By Echo7

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